Après la Libye, la Côte d'Ivoire...

Publié le par pcfuzege

Mardi 5 avril 2011

Sarkozy vient de nous embarquer dans une nouvelle guerre. Cette fois, contre la Côte d'Ivoire. Sous le prétexte de faire respecter le résultat, pourtant contesté, de l'élection présidentielle et au nom de la protection des résidents français. Cela m'a rappelé un souvenir: le raid des paras de la Légion étrangère sur Kolwezi au Zaïre , ordonné en 1978 par Giscard d'Estaing. Le même prétexte avait été invoqué, celui de la protection de nos compatriotes.

Dans l'histoire, les guerres de conquêtes coloniales ont toujours été entreprises au nom de grands principes humanitaires et d'une conception détournée des droits de l'homme. On sait où cela a conduit.

Gilles Manceron, dans son remarquable ouvrage Marianne et les colonies, rappelle les débats qui ont eu lieu à  la Chambre des Députés dans les années 1880 et notamment les échanges entre Jules Ferry qui déclarait : " Si nous avons le droit d'aller chez ces barbares, c'est parce que nous avons le devoir de les civiliser..." et Camille Pelletan, député d'Aix en Provence (qui défendit les condamnés de la Commune de 1871) lui rétorquant: "Qu'est-ce c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon, sinon une autre forme de barbarie ? Est-ce que les populations de race inférieure ne sont pas maîtresses chez elles ? Vous allez chez elles contre leur gré, vous ne les civilisez pas"

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, le prétexte est d'autant plus sujet à caution que cette intervention vient en appui des troupes d'Alassane Ouattara soupçonnées d'avoir perpétré le massacre de Duékoué qui, selon l'ONG catholique Caritas, aurait fait un millier de morts. En Côte d'Ivoire comme en Libye, l'intervention étrangère ne peut que plomber les formations démocratiques du pays.

Jusqu'où va nous entraîner Sarkozy ? L'histoire ne se répète jamais. Il devrait cependant en méditer les leçons : quelques semaines après la prise d'Alger le 5 juillet 1830, Charles X était renversé par les Trois Glorieuses. Je formule le voeu que Sarkozy 1er soit balayé en 2012. Autre leçon : ce sont les Républicains qui, au nom de la soi-disant  "mission civilisatrice de la France", multiplièrent les conquêtes coloniales...Il faudra s'en rappeler au moment du vote et ne pas choisir n'importe quel Républicain.

Bernard DESCHAMPS (ancien député du Gard)

Publié dans International

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