C'EST UN SCANDALE

Publié le par pcfuzege

edf compteurÉlectricité : la concurrence fait flamber les prix…

L’obligation pour EDF de céder un quart de sa production va provoquer une hausse de 11, 4 % des tarifs.

Après 9 % d’augmentation du prix du gaz, le 1er avril dernier, pour gonfler les dividendes des actionnaires de GDF Suez, les Français devront faire face, cette fois-ci, à une envolée des tarifs d’électricité. Selon des projections réalisées par Commission de régulation de l’énergie (CRE), ceux-ci pourraient bondir de 7,1 % à 11,4 % dès cette année, puis être augmentés de 3,1 % à 3,5 % par an entre 2011 et 2025. Cette hausse sera la conséquence directe de la loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome) que veut faire adopter le gouvernement dans les prochains mois et qui obligera EDF à céder un quart de sa production électronucléaire à ses concurrents. Bien qu’hostile à ce projet de loi, EDF a fini par s’y résigner et tente d’obtenir que chaque mégawattheure qui sera cédé, le soit au prix minimal de 42 euros en dessous duquel, selon son PDG, Henri Proglio, « ce serait du pillage ».

Permettre aux opérateurs privés de se développer est la raison d’être de la loi Nome. En effet, bien que la France ait transposé l’ensemble des directives de libéralisation du marché de l’électricité et que ce dernier soit totalement ouvert depuis 2006, Poweo, Direct Énergie et consorts peinent à gagner des parts de marché. Et pour cause : ces groupes privés ne sont pas en mesure de faire des offres compétitives avec les tarifs réglementés. Peu ou pas producteurs d’électricité, ces entreprises sont de simples fournisseurs dont l’essentiel de l’activité s’apparente à du courtage. Elles achètent de l’électricité sur le marché de gros ou dans le cadre de contrats passés avec des producteurs et tentent de la revendre, en réalisant une marge, à leurs clients particuliers ou entreprises. Malheureusement pour ces fournisseurs, en France, en raison de l’importance du parc nucléaire qui fournit près de 80 % de l’électricité consommée, les tarifs réglementés restent très inférieurs à ceux du marché, qui ont pour référence le prix du pétrole.

Les tarifs de l’électricité sont trop faibles pour que la concurrence se développe. Le projet de loi Nome a donc pour objectif de les relever de manière artificielle. Il prévoit qu’EDF devra céder 25 % de sa production nucléaire à ses concurrents. Cette disposition est scandaleuse en soi. Selon la CGT, elle constitue même « un véritable hold-up ». En effet, l’élaboration et la construction du parc électronucléaire n’ont été ni subventionnées par l’État ni financées par des investissements privés. Ce sont les usagers, en s’acquittant de leur facture, qui ont permis de l’édifier. Le gouvernement s’apprête donc à mettre des outils de production appartenant à la nation à la disposition de groupes privés pour le seul intérêt de leurs actionnaires et au détriment des usagers.

Publié dans Pouvoir d'achat

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