Contre Sarkozy...et le FMI : SAUVER LES RETRAITES

Publié le par pcfuzege.over-blog.com

sineLes généraux défaits voient les troupes regimber, les colonels comploter et les officiers se laisser aller à la démoralisation. Sarkozy tente d’étein­dre dans l’œuf les mutineries. Le système des carottes peut être utile : ne voit-on pas François Baroin, fraîchement rallié, qualifier le bouclier fiscal de « bon principe d’équité ». On se pince ! Remaniement peut quelque­fois s’entendre comme reniement.

S’il est en revanche un projet qui continue à souder le Medef et la droite, c’est celui qui vise à repousser l’âge de la retraite, et donc diminuer 
le montant des pensions versées. Même Copé oublie un instant qu’il vou­drait être calife à la place du calife pour installer une commission grosse d’une centaine de députés UMP pour « travailler main dans la main » avec le gouvernement et « faire de cette réforme un rendez-vous de cou­rage politique ». L’héroïsme en l’occurrence consistant à dégrader la situation des salariés qui ne roulent pas sur l’or pour garantir le confort des plus riches à qui toutes les exonérations de prélèvements sociaux restent promises. « Il n’est pas question que le PS joue à cache-cache sur le sujet », a-t-il prévenu, comptant bien que parlent haut et fort les dirigeants socialistes partisans de la rigueur.

Cependant, dans les rangs du PS, on compte sans doute une majorité de militants qui se retrouvent plutôt dans les revendications syndicales que dans les appels du FMI, dirigé par Dominique Strauss-Kahn, à repousser l’âge de la retraite en Europe. Ce ne sont pas seulement des déclara­tions, mais des conditions impératives dictées par le FMI, par exemple à la Roumanie en échange d’un prêt de 20 milliards d’euros. Au Sénat, Laurent Wauquiez s’est fait à nouveau le chantre de l’allégement des cotisations patronales (23 milliards d’euros par an) dont il fait « l’outil le plus efficace » de la politique d’emploi de la droite. Aveugles aux signaux de l’opinion – 70 % des Français sont opposés à leur politique économi­que –, les ministres se veulent intransigeants. Jusqu’à quand ?

Si la mobilisation sociale grossit, les digues érigées par la droite réaction­naire seront débordées. D’autant que tout confirme les dégâts provoqués par ces politiques qui frappent le pouvoir d’achat, l’emploi et la protection sociale, étouffent la croissance et tuent toute relance. Les chiffres du chômage atteignent désormais 10 % de la population de la zone euro et un peu plus encore en France. La structure même de l’emploi se dété­riore, comme le confirment les derniers chiffres. L’intérim, en pleine pro­gression en 2009, n’est plus seulement une affaire de jeunes. Près de quatre intérimaires sur dix ont plus de trente-cinq ans. Il s’agit en majorité d’ouvriers, qualifiés et non qualifiés, qui deviennent les variables d’ajuste­ment des grands groupes, qui les convoquent et puis les jettent, semant à tout-va le tandem désindustrialisation-appauvrissement.

Ce n’est plus seulement une inflexion de la politique qui s’impose, mais un demi-tour n


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