Claude Mazauric (un peu historien et qui a bonne mémoire)

Publié le par pcfuzege

Mercredi 14 décembre 2011
mazauric.jpgDésormais, ils s’y mettent tous : de Le Pen à Sarkozy, de Bayrou à Hollande, chacun(e) s’emploie à réclamer qu’on « produise français », non pas seulement qu’on « achète français » mais, vous avez bien lu, qu’on « produise français » !

Souvenirs, souvenirs… Il y a bientôt trente années un certain Georges Marchais, au nom du Parti communiste français, avait lancé le mot d’ordre : « Produire français ! ». Que ne  lui avait-on alors réservé comme sarcasmes : nationalisme étroit, esprit cocardier, poujadisme identitaire, etc. et le pire : l’accusation de « populisme ». En ce temps, si regretté par ses bénéficiaires, quand les élites célébraient le « marché commun » et proclamaient comme Yves Montand dans Libération, un « Vive la crise » retentissant, tandis que les hommes du grand capital sacrifiaient sur l’autel de « L’Europe » des pans entiers de l’industrie française en exportant leurs capitaux sur tous les « marchés » mondiaux : la sidérurgie, la carbochimie avec le charbon, la machine-outil, l’informatique, la filière française de l’industrie électro-nucléaire, les chantiers navals etc., on n’avait pour ambition officielle que de transformer les « usagers » des services publics en « clients » et les citoyens productifs en « assistés » (… ce qu’on leur reproche précisément aujourd’hui). C’était l’époque où Peyrefitte découvrait  que « La Chine s’éveillait » (merci pour elle, c’est fait !), où une ministre (Saunier-Seité) déclarait avec l’approbation béate des penseurs médiatiques, que, bonne cliente,  lorsqu’elle achetait un produit, elle ne regardait que son coût et son usage, pas sa provenance (ça, c’était envoyé !). Un peu plus tard une égérie socialiste annonçait aux gascons que s’ouvrirait demain à l’exportation de leur foie gras le vaste marché de l’Europe centrale et orientale. Aux cultivateurs et éleveurs, on promettait des cours élevés, aux viticulteurs et arboriculteurs, l’eldorado, aux  lorrains et aux cévenols, on expliquait que le charbon pue et salit, que l’avenir était dans le tourisme, les musées établis sur les anciens docks et le carreau des mines, les services à la personne, etc… J’en passe, et de meilleures, pour ne pas alourdir la note.

Trente années ont passé : on évoque la « démondialisation » (plus facile à proclamer qu’à programmer, surtout quand on embraie derrière Hollande !), les mêmes et leurs héritiers qui ont tout bradé promettent de reconstruire demain (après mai 2012, évidemment) ce qu’ils ont contribué à détruire ou qu’ils ont laissé faire : mais qui peut croire que de leur faillite d’hier, aujourd’hui patente, sortira la prospérité de demain ?  Français, françaises, n’ayons pas la mémoire plus courte que ne l’ont eue en 1945 ceux qui firent face à la tâche de reconstruire la France blessée, semi-détruite, humiliée. Résistons victorieusement.

Aujourd’hui, il faut résolument soutenir le candidat unique de la renaissance française, Jean-Luc Mélenchon, non seulement pour ce qu’il préconise dans le programme du Front de gauche, mais parce qu’il est le seul qui dévoile les vraies causes et les vraies raisons de la déconfiture où nous ont jetés quasiment tous les autres depuis un bon tiers de siècle, les derniers arrivés ajoutant leur désastreux bilan aux catastrophiques entreprises des prédécesseurs.

Oui, il n’est qu’une voie solide : donner au Front de gauche la force qui entraîne tout.

           Claude Mazauric (un peu historien et qui a bonne mémoire).  

Publié dans Enjeux politiques

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