Herbe des marécages... par François Triboulet

Publié le par pcfuzege

Deux textes de notre camarade François Triboulet...
 
 
Herbe des marécages
la pensée généreuse
ne germe pas sur les lacs luxueux de vos dieux
l’iniquité s’y vautre
le petit homme y barbotte
légitime crachat de la vulgarité officielle
vomi de l’égoïsme édifié en exemple
insulte à l’humanité
ubuesque marionnette à la démarche de canard.
Il assoit le pouvoir du fric.
 
Misère jamais solennelle
colombes couleur de sang
il est urgent d’avancer l’aube.
   
***
  
 
Amis souvenez-vous de ces ronces semeuses,
affûtées sans pitié, qui démontaient les cœurs
et puis les mélangeaient
en les donnant au  sable…
  
Souvenez-vous, ces êtres privés d’air,
et ces grands corps brisés
la bouche dans la terre le long des barbelés.
   
Amis souvenez-vous quand ils les dévoraient
en des lieux noirs de boue,
de sang mêlé aux cendres,
avec juste à côté ces cheminées terribles
d’où s’en allaient les vies…
d’où sortaient des fumées,
ombres effrayantes sur nos siècles…
  
Amis souvenez-vous des chantres de l’horreur !
Ils sont là aujourd’hui leur discours déguisé,
ils font toujours leur lit dans la même misère.
  
Libéraux affameurs vous n’êtes pas visés,
le coupable est ailleurs
ils traquent l’immigré,
ce voleur de travail
pilleur de fonds public,
qui répand la terreur le soir dans nos cités !
  
Et les mêmes disaient, et disent aujourd’hui :
‘‘quand nous arriverons, ils partiront de France’’
L’haleine de Laval de Pétain de Vichy
remonte aujourd’hui en échos nauséeux.
  
Ils cherchent à le nier
mais ce sont bien  les mêmes,
avec à côté d’eux ces cheminées terribles
d’où  s’en allaient les vies.
 

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